Il est des situations que le confinement que nous avons subi a pu révéler.

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En effet, les polémiques incessantes autour de l’arrêt du championnat de France de football nous a démontré que ce sport en particuliers était largement lié à une économie folle et irrationnelle sachant déchaîner les passions.

Rappelons qu’en réponse à la crise due à l’épidémie de COVID 19, le pouvoir exécutif a suspendu toute compétition sportive sur le sol français.

Prenons alors les exemples inverses du 1er ministre lors de son allocution face aux élus de l’Assemblée nationale. « Les championnats sportifs sont arrêtés, cela comprend le football, mais aussi les championnats de rugby, de basketball, de handball ... ».

 

 

En effet, en dépit des courrier de JMA à la Ministre des sports, tous les sports sont touchés, mais un seul déchaîne les passions : le football !

Les partisans d’un vœu pieu d’un Monde d’Après meilleur devraient dès aujourd’hui réfléchir à celui du football européen, très pressé de reprendre les championnats nationaux.

Des protocoles absurdes se mettent en place pour s’assurer de la bonne santé des joueurs.

Ainsi en Allemagne, les joueurs, le staff sont testés deux fois par semaine, ce qui permet de détecter une contamination à un moment T, mais à moins de confiner tous les joueurs de la Bundesliga, cela n’assure pas le risque 0 de contamination. La situation d’ailleurs risquerait de se compliquer si un joueur est positif.

Prenons donc cet exemple. Admettons que plusieurs championnats aient repris, ainsi que la ligue des champions. Un joueur allemand donc, est détecté positif au COVID 19.

Il faut donc briser la chaîne de contamination. Dans un premier temps, il faudra isoler et confiner ce joueur et sa famille qu’il faudra dépister dans les plus brefs délais.

Il faudra ensuite déterminer les cas contact, et c’est là que la situation se complique. Faut-il mettre en quatorzaine l’ensemble des joueurs de l’équipe ou l’ensemble des membres du staff ? Faut-il remonter aussi aux joueurs des équipes adverses rencontrées auparavant ? Car malgré les distanciation sur les bancs de touche, malgré le port du masque des vestiaires, au couloir jusqu’au terrain, les contacts sont francs et virils dans les surfaces de réparation. Si cette équipe dispute encore la ligue des champions, alors le problème deviendrait international.

Non décidément, les mesures barrières semblent bien aléatoires quand il s’agit de la reprise des championnats de football. Mais pourquoi ?

 La réponse est évidente. Dans le football et plus qu’ailleurs, l’intérêt économique est primordial. Mais surtout, le modèle économique est complément fou et plus que bancal. Cette crise le démontre, les sommes investies, mises en jeu par la totalité des clubs ne reposent sur rien de concret. L’ensemble des clubs est en déséquilibre et leurs revenus sont complètement virtuels.

Le football professionnel est-il générateur de richesse ? En partie oui. En effet les ventes de billets, de merchandising, les maillots de star, les équipements sont créateurs de richesse.

On peut alors considérer qu’il s’agit d’un socle stable de revenus d’un club, quel que soit son niveau. Grosse ou petite, une équipe devrait à son niveau, si la gestion est sérieuse, s’en sortir. Or les revenus d’un club ne limitent pas à çà, et outre la folie du marché des transferts, mais nous y reviendrons, ils se composent aussi du sponsoring et des droits de télévision. Et c’est bien là que le problème commence.

Une gestion sérieuse devrait s’appuyer sur un budget dont les ressources seraient certes diversifiées, mais seraient composés, à parts égales, de trois tiers. Un triangle vertueux billetterie/sponsoring/droits TV, or les revenus du football professionnel en France sont de 50 millions d’euros de billetterie, 150 millions de sponsoring et de … 250 millions d’euros de droit de retransmission. On ne peut pas se passer de 250 millions sur 450 millions global, la charge est trop forte et ne peut être supportée. Les chiffres sont français, mais les proportions dans les autres pays se ressemblent. Quant au championnats anglais, je n’ose à peine y penser tant les droits TV sont fous.

La hausse des ressources entraîne alors une hausse des revenus de joueur, mais induit aussi une course à l’échalote, ou plutôt une course aux gros transferts. On peut alors s’acheter les meilleurs joueurs, ou plus sérieusement, on peut racheter un contrat en cours. Le rachat est en fait une indemnité de rupture de contrat. Avec des gros revenus on peut payer une « close de rachat » ! Une valeur hypothétique devant assurer le club d’un transfert lucratif.

Nous entrons alors dans une économie qui ne crée pas réellement de richesse. Nous entrons alors dans la spéculation. Nous entrons dans le « training ».

C’est alors un quatrième facteur économique qui a été intégré dans l'économie réelle du football professionnel.

Deux modèles se présentent. Le premier, c’est l'investissement dans la formation de jeunes joueurs, le développement des centres de formation et revente de joueurs ayant fait leurs preuves et développé leur notoriété dans l’équipe première. Le second, c’est justement de détecter des jeunes stars montantes issues de centre de formation, donc à un prix raisonnable, pour les revendre, une fois star devenues brillantes.

Ce système de « trading » est aussi instable qu’un marché financier.

Les crises financières ont été soutenues par un financement massif d’argent public. Alors sommes-nous près à faire le même effort pour le football ? Les prix deviennent déraisonnables à cause d’une hausse irrationnelle des droits TV. La bulle grossit dangereusement. Que ferons-nous quand elle explosera ? Quels seront les clubs qui pourront revendre leurs joueurs payés « un fric fou. »

Il est donc temps de tirer les leçons de ces absurdités, mises en exergue par la crise sanitaire actuelle. Le monde de demain doit être différent afin d’éviter de nouvelles crises. Le monde du football professionnel doit construire sa résilience, sa capacité à faire face à une crise d’ampleur.

Le roseau doit fléchir, mais ne doit pas rompre en temps de tempête.

Les professionnels de la profession auront-ils l’envie, le courage ou la raison ?

 

L’avenir nous le dira.

 

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